Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous traversent des épreuves difficiles, qu’ils soient musulmans ou non. Le monde semble éprouvé, secoué, fragilisé. Et dans ce tumulte, chacun tente tant bien que mal de comprendre et de supporter ce qui lui arrive.
Quand la comparaison devient un piége
Il y a quelque temps, lors d’une consultation, une patiente m’a confié qu’elle avait du mal à accepter son épreuve. Elle me disait même qu’elle aurait préféré souffrir autrement, allant jusqu’à envier les épreuves d’autres femmes. Une confession rare, car généralement, la question qui revient est plutôt : « Quand cette épreuve prendra-t-elle fin ? »
Cette attitude nous renvoie à une réalité importante : lorsque nous comparons notre endurance à celle de nos pieux prédécesseurs, nous réalisons que nous sommes loin de leur niveau. Ils acceptaient les décrets d’Allah avec une immense sérénité, alors que nous, bien souvent, aspirons rapidement au soulagement.
Reconnaître nos limites humaines
Soyons honnêtes : avez-vous déjà prononcé Alhamdoulillah face à chaque épreuve ? Pour ma part, malheureusement, non. Nos réactions tendent davantage vers le désespoir, l’incompréhension ou l’impatience. Pourtant, la tradition prophétique nous rappelle une vision bien plus apaisée :
« La patience se manifeste au premier choc. »
— Prophète ﷺ (Boukhari)
« Le cas du croyant est étonnant ! Tout ce qui lui arrive est un bien : s’il est touché par une joie, il se montre reconnaissant ; s’il est touché par un mal, il patiente. »
— Prophète ﷺ (Muslim)
La sagesse qui se cache derriére l’èpreuve
Allah dit dans le Coran :
« Il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous ; et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est néfaste. Allah sait, tandis que vous ne savez pas. »
— Sourate Al-Baqarah, verset 216
Chacun de nous possède une histoire, une sensibilité et une psychologie différente. Face à une même situation, nos réactions varient : une gifle ne provoquera pas en vous la même réponse qu’en votre sœur ; un deuil ne sera pas vécu de la même manière que par votre voisin. Cette diversité fait partie de la sagesse divine.
Et même si nous ne comprenons pas toujours les raisons de nos afflictions, Allah nous rassure :
« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »
— Sourate Al-Baqarah, verset 286
Ce que vous ignorez peut être un bien pour vous
Il se peut que :
- vous souffriez d’infertilité, alors qu’une mère ailleurs endure la violence de son propre enfant ;
- vous enviiez le luxe de votre amie, alors qu’elle souffre d’un mari absent et indifférent ;
- vous vous sentiez prisonnière de votre quotidien avec vos enfants, alors qu’une mère célibataire donnerait tout pour vivre ces instants ;
- vous ayez perdu un enfant, mais cet enfant deviendra votre intercesseur le Jour du Jugement ;
- vous soyez atteint(e) d’une grave maladie, mais Allah vous purifie à travers elle.
Chaque épreuve porte en elle une sagesse que nous ne percevons pas toujours immédiatement.
Ne dèsespèrez jamais de La Misèricorde d’Allah
C’est précisément au cœur de l’épreuve qu’Allah teste votre confiance en Lui. Adorer Allah ne se limite pas à accomplir les cinq prières. C’est aussi s’abandonner à Lui, avec une confiance totale, et placer son tawakkul dans Ses décisions parfaites.
Qu’Allah vous facilite dans toutes les épreuves que vous traversez.
Fi Amânillah
