Combien de fois, lorsque la difficulté nous atteint, nous nous précipitons pour chercher des solutions extérieures, oubliant parfois de nous tourner vers Celui Qui nous connaît mieux que quiconque : Allah.
Attention, les causes font partie du processus et il est important de ne pas les négliger. Mais notre premier réflexe devrait être de nous tourner vers Allah.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Veille à ce qui t’est utile, demande L’Aide d’Allah et ne faiblis pas. »
Rapporté par Muslim, n° 2664 (extrait).
Ce hadith nous rappelle que nous devons agir, entreprendre les causes et rechercher les moyens bénéfiques, tout en plaçant notre confiance en Allah.
Mais combien de fois plaçons-nous davantage notre confiance dans les causes que dans Celui Qui les a créées ?
Je le constate parfois dans le cadre de mes consultations.
Certaines personnes arrivent avec l’espoir que le thérapeute leur apportera une solution toute faite, qu’il pourra faire disparaître leur mal-être psychique ou dénouer une situation qui les fait souffrir depuis longtemps.
Mais nous, thérapeutes, n’avons pas ce pouvoir.
Notre rôle est d’écouter, d’accompagner, de conseiller, de proposer des outils et d’aider la personne à mieux comprendre ce qu’elle traverse.
Nous pouvons être une cause parmi d’autres dans son cheminement vers l’apaisement et la guérison.
Mais nous ne maîtrisons ni l’issue ni le moment où la situation évoluera.
C’est Allah Qui détient le pouvoir de guérison, et c’est Lui Qui peut accorder une issue, parfois par des moyens auxquels nous n’aurions même pas pensé.
Je le répète souvent en consultation : le meilleur des thérapeutes, c’est Allah.
Cela ne signifie aucunement qu’il faille délaisser les soins ou l’accompagnement thérapeutique.
Le Prophète ﷺ nous a d’ailleurs encouragés à nous soigner :
« Soignez-vous, car Allah n’a pas créé de maladie sans lui avoir donné un remède, à l’exception de la vieillesse. »
Rapporté par Abû Dâwûd, n° 3855 (traduction du sens).
Nous entreprenons donc les causes, mais sans oublier Celui Qui peut leur donner leur efficacité.
Et c’est justement dans l’épreuve que notre tawhid et notre tawakkul sont mis à l’épreuve.
Vers qui notre cœur se tourne-t-il lorsque nous souffrons ?
Lorsque je suis touchée par une difficulté, est-ce que je pense d’abord à invoquer Allah ou est-ce que je me précipite uniquement vers les moyens matériels ?
Prenons un exemple simple : lorsque je souffre d’une migraine, est-ce que je me tourne vers le paracétamol en oubliant Allah, ou est-ce que je pense également à L’invoquer tout en prenant les moyens nécessaires pour me soigner ?
Il ne s’agit pas d’opposer les causes à l’invocation, mais de réfléchir à la place qu’occupe réellement Allah dans notre cœur.
Car l’épreuve peut aussi devenir une occasion de nous rapprocher de Lui.
Parlez-Lui comme vous parleriez à votre meilleure amie ou à votre mère, qui, d’un simple regard, perçoit que vous n’allez pas bien.
Alors, imaginez Celui Qui vous a créée et qui vous connaît mieux encore que votre propre mère.
Il connaît chacun des ressentis de votre cœur, chacune des blessures de votre âme, même celles que vous n’arrivez pas à exprimer.
Il est Celui Qui ne dort jamais, Celui à Qui rien n’échappe.
L’invocation est un lien précieux entre le serviteur et Son Seigneur.
Elle nous permet de nous rapprocher d’Allah, de Lui confier nos peines, nos craintes, nos espoirs et nos besoins.
Et quelle immense miséricorde de savoir que cette invocation est elle-même un acte d’adoration !
Le Prophète ﷺ a dit :
« L’invocation, c’est l’adoration. »
Rapporté par At-Tirmidhi, n° 3372.
Ainsi, lorsque nous invoquons Allah, nous ne faisons pas que demander. Nous accomplissons également un acte d’adoration pour lequel nous espérons être récompensés.
Combien d’occasions Allah nous offre-t-Il de L’invoquer et que nous négligeons parfois ?
Il existe pourtant des moments particulièrement propices aux invocations :
- Lorsqu’il pleut.
- Le vendredi, notamment durant la dernière heure après la prière d’Al-‘Asr, avant le Maghrib.
- Pendant nos prosternations.
- Entre l’adhan et l’iqama.
- Durant le dernier tiers de la nuit, notamment lorsque nous nous levons pour le tahajjud.
- Au moment de la rupture du jeûne.
Autant d’occasions de nous tourner vers Allah, de renouer avec Lui et de renforcer notre relation avec Notre Créateur.
Mais j’aimerais attirer votre attention sur un autre point.
Parfois, nous entreprenons les causes, nous multiplions les invocations et, malgré tout, nous avons le sentiment que rien ne fonctionne.
La situation ne change pas. La souffrance persiste. La solution tant espérée ne se présente pas.
Et nous finissons parfois par nous demander : « Pourquoi mes invocations ne sont-elles pas exaucées ? »
Pourtant, qui nous dit qu’elles ne le sont pas ?
Les causes sont multiples, et Seul Allah sait dans laquelle Il a placé la guérison ou l’issue à notre difficulté.
Nous pouvons entreprendre une cause en pensant qu’elle sera la solution, alors qu’Allah peut nous accorder une issue par un tout autre moyen.
Il en va de même pour les invocations.
Allah nous a promis de répondre à nos invocations, mais Il ne nous a pas promis que cette réponse prendrait nécessairement la forme que nous imaginons, ni qu’elle surviendrait au moment que nous souhaitons.
Le Prophète ﷺ nous a enseigné qu’Allah peut accorder au croyant ce qu’il demande ou détourner de lui un mal équivalent, tant que son invocation ne porte pas sur un péché ou une rupture des liens familiaux.
Rapporté par At-Tirmidhi, n° 3573 (sens du hadith).
Voilà pourquoi nous devons apprendre à ne pas mesurer La Réponse d’Allah uniquement à travers ce que nous voyons.
Ce n’est pas parce que la situation reste inchangée que notre invocation est restée sans réponse.
Le Prophète ﷺ nous a également mis en garde contre l’impatience dans l’invocation, lorsque le serviteur finit par dire qu’il a invoqué sans obtenir de réponse, puis se décourage.
Rapporté par Muslim, n° 2735.
Pensons donc à préserver une bonne opinion d’Allah.
Car Allah est As-Samî’, Celui Qui entend tout, et Al-Basîr, Celui Qui voit tout.
Ces attributs Lui appartiennent et ne changent pas.
Penser qu’Allah n’entend pas nos invocations reviendrait à Lui nier ces attributs parfaits, ce qui causerait un grand péché de notre part.
Même lorsque nous ne comprenons pas ce que nous traversons, même lorsque la réponse tarde ou qu’elle ne correspond pas à nos attentes, rappelons-nous qu’Allah entend nos appels et connaît parfaitement notre situation.
Nous avons besoin de cultiver cette confiance dans notre quotidien, mais également de la transmettre à nos enfants.
Apprenons-leur, dès leur plus jeune âge, à se tourner vers Allah, à Lui confier leurs peines, leurs peurs et leurs difficultés.
Apprenons-leur à invoquer Allah tout en entreprenant les moyens nécessaires.
Car le tawakkul ne consiste pas à rester passif en attendant une solution. Il consiste à agir, tout en remettant l’issue entre Les Mains d’Allah.
Et avant tout, ce rappel s’adresse à moi-même.
Qu’Allah fasse que nous nous tournions toujours vers Lui lorsque le mal nous touche, avant même de rechercher les causes extérieures.
Qu’Il nous accorde un tawhid sincère, un tawakkul profond et un cœur qui ne cesse de L’invoquer.
Qu’Il nous permette d’entreprendre les causes sans jamais oublier que tout dépend de Lui.
Amine
Bulle Soeureine
